Mais il y avait bien sûr les camarades Lorrains, Gascons, Bourguignons, et bien d’autres. Tous parlaient de leur famille, mais aussi de leur cuisine, de leur campagne. Aux insipides repas de l’armée, beaucoup regrettaient la tourte de leur grand-mère, ou la tarte tatin du dimanche midi, ou le gâteau Nantais plein d’amandes et de rhum. Un camarade natif de Saint Jean de Maurienne m’a fait découvrir les pâtes de fruit de coing. Je me régale encore.
Dans un deuxième temps, et bien plus tard, au regard d’une émission de télévision, je trouvai qu’atterrir en hélicoptère quelque part en France m’interpellait et je me posai la question : c’est où ? Où sont-ils ? Dans quelle région ? Dans quel « Pays » ? La recherche d’un trésor m’importait peu : c’était l’endroit survolé qui attisait ma curiosité ! Alors on se sent détective, et l’on scrute la région concernée : collines, montagnes, mer, puis aussi la végétation : haies, forêt de pins, de sapins, de hêtres. Les champs sont petits ou grands, le bocage, les plaines céréalières. Mais il y a surtout les maisons : colombages, murs de pierres noires, ocres, grises, blanches. Je m’interroge aussi lorsque j’aperçois une cathédrale, une église, un château. Alors, on reconnaît là les colombages des maisons normandes, les murs-pignons des maisons bretonnes, les maisons de pierres noirâtres d’Auvergne, etc…
Enfin troisième temps : il me semble que beaucoup de ces paysages, de ces maisons, se perdent, disparaissent. Aussi est-il important de faire le point ! D’établir une sorte d’état des lieux. Un témoignage. Voilà ce qui me motive. Que les puristes ne s’offusquent pas des informations qu’ils trouveront dans les pages de cette revue qui, prête surement à commentaires. Mais elle n’est pas écrite pour cela. J’assume cependant MES propos, mes visions. Par exemple : je passerai rapidement sur les plaines céréalières où il y a peu de choses à dire en terme de paysage, sauf peut-être pour la Beauce et la Brie.
Mesdames, messieurs
Nous résidons dans un magnifique Pays. Il semble qu’il puisse rester aussi attirant durant les prochaines décennies, tout et autant que les nouvelles pratiques culturales ne viennent à bout de nos bosquets, de nos petits chemins ruraux. Les « voies vertes ne font pas tout ».
PEUT-ETRE TROUVERONS- NOUS UTILES DE CONSERVER INTACT TOUS CES TRESORS ET DE POUVOIR RESTER UN GRAND PAYS DE DECOUVERTE ET D’ORIGINALITE.
Patrick GUYADER Octobre 2026