Né en 1951 au Havre, Patrick a grandi avec la mer en horizon et la terre en point d’ancrage. Très tôt, il développe une attention particulière aux paysages, aux reliefs discrets, aux chemins qui relient les lieux autant qu’ils les racontent. Cette sensibilité, d’abord intuitive, deviendra au fil des années une manière d’habiter le monde.
Sa vie professionnelle s’inscrit d’abord dans le sillage des grands ouvrages et des territoires en transformation. Formé au génie civil à Caen, il entre dans le monde des travaux publics avec une énergie qui le conduit rapidement sur le terrain, au cœur des chantiers. Il devient chef de chantier, parmi les plus jeunes de sa génération, et participe notamment à la déviation du Mont-Saint-Michel, expérience fondatrice face à un site où l’ingénierie rencontre la mémoire des lieux.
Il poursuit ensuite son chemin à la DDE en tant que maître d’œuvre, au service des équipements collectifs communaux. Mais déjà, derrière la rigueur des plans et des normes, se dessine une autre curiosité : celle des formes, des usages, et de la manière dont les lieux influencent ceux qui les traversent.
À la fin des années 1980, il s’aventure brièvement hors des cadres institutionnels pour créer, en Normandie, du mobilier urbain coloré. Une parenthèse inventive, où l’utile rencontre l’esthétique, et où les espaces publics deviennent des terrains d’expression.
Au début des années 2000, il rejoint le Centre technique de l’équipement, où il travaille sur un sujet invisible mais essentiel : la recherche de cavités souterraines, les marnières. Sous la surface des paysages, il explore un autre monde, fait de vides, de traces anciennes et de fragilités cachées.
Puis vient le temps de la retraite, au début des années 2010. Mais loin de marquer une fin, elle ouvre un autre chapitre. Patrick choisit alors la lenteur, le déplacement, l’observation. À cheval, il traverse la France non pas comme un touriste, mais comme un arpenteur patient des “pays” : pays de Caux, pays voisins, terres rurales et territoires discrets.
De ces itinérances naît peu à peu un livre, Les Pays de mon Pays. Un récit fait de rencontres, de chemins et de paysages, où se mêlent la mémoire d’un homme de terrain et le regard d’un marcheur attentif. Une manière de relier, une dernière fois, la technique et la poésie, la terre visible et celle que l’on devine dessous.